
Le Centre des congrès d’Ottawa, qui ouvrira ses portes en avril 2011, est en train de construire des installations qui obtiendront la désignation argent de LEED. Le Lieu de rencontre du Canada a adopté des méthodes visant à créer un immeuble propre, écologique et respectueux de l’environnement qui respectera des pratiques durables strictes et produira, pour les délégués, des réunions mémorables grâce à une équipe de gens inspirés créant des événements extraordinaires.
Érigé entièrement avec du bois récupéré de la rivière des Outaouais, qui chevauche les provinces d’Ontario et de Québec, un mur imposant d’une hauteur équivalant à 13 étages ordinaires constitue une caractéristique des plus novatrices. Le Centre des congrès d’Ottawa croit en la responsabilité sociale des entreprises et au respect de l’environnement. Il assume cette responsabilité en utilisant des ressources locales et en soutenant l’économie de la région. Dans ce contexte, un partenariat a été formé avec la société Logs End et des étudiants du Collège Algonquin pour la construction de cet élément majestueux du Lieu de rencontre du Canada.
Logs End est une entreprise en avance sur son temps qui utilise l’histoire comme produit respectueux de l’environnement. Au XIXe siècle, l’exploitation forestière constituait une industrie de premier ordre pour le Québec et l’Ontario. Pendant plus d’un siècle, la rivière des Outaouais a servi de grande voie pour le transport du bois provenant de vieux peuplements vers des scieries installées sur ses berges. Elle prend sa source dans le lac Capimitchigama, au Québec. Dans la région d’Ottawa-Gatineau, elle descend en cascade à la chute des Chaudières et reçoit les rivières Rideau et Gatineau. Elle coule ensuite jusqu’à Montréal, où elle se jette dans le lac des Deux-Montagnes et le fleuve Saint-Laurent. Longue de 1 271 km (790 milles), la rivière des Outaouais délimite clairement la frontière de deux grandes provinces canadiennes. Au cours de la centaine d’années durant lesquelles l’industrie de l’exploitation forestière représentait un important secteur de l’économie locale, des milliers de billots ne se sont jamais rendus aux scieries et ont coulé au fond de la rivière. « Ces billes provenant de vieux peuplements sont dans un parfait état de préservation, affirme Steve McCord, vice-président, Ventes et marketing. Elles sont issues de forêts vierges qui n’étaient ensoleillées que quelques heures par jour. Il a donc fallu des centaines d’années pour que les arbres parviennent à maturité. Nos planches doivent leur aspect actuel à ce fait ainsi qu’aux dépôts minéraux contenus dans les eaux de la rivière des Outaouais. Pour ces billots, le temps s’est arrêté à leur coupe. »
« Nous recyclons du bois qui a déjà été récolté dans les forêts locales, ajoute M. McCord. L’empreinte écologique de notre produit est très petite, quand on la compare à celle de l’importation de bois venant d’ailleurs. L’abattage des arbres provenant de vieux peuplements a été effectué il y a 100 ans. Les billots ont été très bien préservés et sont exempts de pourriture et de vers. » Le bois récupéré revêt une importance historique et peut nous reporter des siècles en arrière. Les dépôts minéraux contenus dans l’eau de la rivière ont « teint » les billots de couleurs incroyables. Ce bois a un caractère de beaucoup supérieur aux planches actuelles, originaires de forêts vieilles de 30 à 40 ans seulement, en général.
Logs End recourt à plusieurs méthodes pour acquérir son bois. L’entreprise consulte de vieilles cartes utilisées pour l’exploitation forestière et conservées aux Archives nationales. Elle procède à des plongées ponctuelles dans des secteurs connus pour la production de masse et à des plongées de reconnaissance. Quand un billot a été repéré, il est attaché à une corde par un plongeur, puis tiré du fond de la rivière et fixé à un bateau. Cette solution limite la déstabilisation écologique du secteur et les dommages subis par le billot, étant donné que celui-ci n’est traîné sur le lit de la rivière. Il est possible de recueillir jusqu’à 50 billots en une seule séance de plongée, puis de les déposer sur la berge. Le bois est ensuite transporté à l’usine de Logs End qui se trouve à Bristol, au Québec, où il est séché, puis vendu en planches larges, en moulures, en panneaux et en boiseries. Logs End s’enorgueillit d’être un organisme très respectueux de l’environnement qui applique une politique « zéro déchet ». « Tous les déchets sont utilisés, explique M. McCord. Ils sont vendus à des agriculteurs locaux, qui s’en servent de litière pour les bovins. Ils sont aussi transformés en copeaux pour les jardins ou brûlés dans notre générateur de chaleur pour le chauffage de nos installations. »
Le Centre des congrès d’Ottawa se sert de ces incroyables témoignages de l’histoire locale, fournis par Logs End, afin de créer un mur qui s’élèvera sur les quatre étages à une hauteur équivalant à treize étages ordinaires et qui traversera le toit. La préparation des planches de Logs End aura lieu dans le contexte d’un partenariat avec les étudiants des programmes de construction du Collège Algonquin. Selon Jeremy Anderson, directeur des études de l’École des transports et des métiers de la construction, des équipes d’étudiants bénévoles convertiront les planches rabotées en panneaux faciles à transporter et à installer. « Il s’agit là, pour les élèves, d’une occasion en or de participer à un grand projet pour la ville d’Ottawa, de bonifier leur curriculum vitæ, d’élargir leur portfolio et d’apprendre par l’expérience, volet important du programme d’étude. »
« Le Centre des congrès d’Ottawa est fier de pouvoir soutenir le développement d’entreprises locales, d’utiliser des produits exceptionnels qui respectent l’environnement et sont durables, comme les planches de Logs End, et d’appuyer les élèves dans leurs études », déclare Pat Kelly, président du CCO.
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